Essayant Tumblr Love

Imaginez un Harry de douze ans qui ne sait même pas à quel point son enfance chez les Dursley a été horrible jusqu’à ce qu’il arrive au Terrier.

Imaginez-le, apercevant Percy endormi un livre à la main, et être bluffé du fait qu’un enfant puisse se sentir assez en sécurité sous son propre toit pour se montrer aussi vulnérable en plein milieu du salon.

Imaginez Molly monter au grenier pour dire au revoir à Ron et Harry, et ce dernier regarder son ami quand il entend ses pas dans les escaliers tout en essayant de savoir ce qu’ils ont fait de mal ce jour-là.

Imaginez-le demander à George qui fait les corvées ménagères, et quand celui-ci lui répond “Tout le monde”, se demander si c’est une drôle de blague.

Imaginez Ginny harceler Arthur de questions pendant qu’il lit la Gazette du Sorcier, et Harry la suppliant du regard d’arrêter pour son bien, et alors Arthur la regarde et répond patiemment à chacune de ses questions.

Imaginez Bill passer faire un coucou et Harry se sentir effaré quand il prend le temps de simplement discuter avec lui.

Imaginez Fred jouant à courir après Harry dans le jardin, alors qu’Harry est persuadé que ce n’est pas un jeu, terrifié à l’idée d’être blessé.

Imaginez Molly laisser cuire un plat trop longtemps par accident et le jeter ; imaginez Harry dire à Ron avec désinvolture “elle aurait pu me donner celui-là, c’est ce que je mange à la maison quand je rate le dîner”, et ne pas comprendre pourquoi Ron est horrifié.

Imaginez Harry voir ce qu’est une famille normale, et réaliser l’absence d’amour dans sa propre vie.

Traduction de Four official endings later…

My work has been translated into French by the amazing @lapensine, who messaged me under the name @zachanariel <3 Thank you so much for this beautiful translation! I appreciate that you chose my work to translate and that you’re offering Harry Potter to a wider range of linguistic audiences!

« Skin » est un de mes rôles-modèles de petite fille.
Déjà parce qu’à l’époque du collège où le rock et le métal prennent une place importante dans mon écoute et mes discussions, Skin -comme Sarah Bettens que j’ai ‘pochoirisé’ il y a peu- est une femme. Une femme dans un milieu ultra-majoritairement occupé par les hommes.
Une femme noire, parmi les -encore plus- rares noirEs de ce milieu artistique.
Je l’ai déjà écrit à d’autres occasions, mais il est important pour moi d’habiller ces propos de leur habitat d’origine. Je suis née à Carpentras (Vaucluse/Provence) et j’y ai passé toute mon enfance, puis mon adolescence. A cette époque, je n’ai pas souvenir d’avoir croisé de noirEs à Carpentras, ou si peu.
Ça peut sembler incroyable, surtout pour celles et ceux qui vivent dans des grandes villes, mais de mon côté, les rares fois où je croise des noirEs dans mon enfance, c’est majoritairement à l’occasion des championnats internationaux d’athlétisme où nous allons en famille, ou lors de mes compétitions sportives.
En revanche depuis aussi long que je me souvienne, ma mère m’a toujours convaincue de la beauté de la diversité humaine, en discours et en pratique.
Sinon, en-dehors des stades et de sorties ponctuelles à Avignon ou Marseille (où les noirEs sont présentEs et visibles), il y a Skin.
Je ne me rappelle pas précisément la première fois que je l’ai entendue, vue sur une pochette d’album ou dans un magazine. En imaginant ma réaction, j’ai du rester un moment à contempler cette femme et son univers, trônant au milieu des autres membres de Skunk Anansie.

J’ai découvert Skunk Anansie entre 1995 et 1997 je pense, avec les potes du collège. C’était à qui amènerait la nouveauté, le groupe qui dépote, le son propre qui décoiffe.
Dans ce jeu là, Skunk Anansie, concrètement, est une excellente découverte et un son dont je ne me suis jamais lassée.
« Weak » de l’album Paranoid and Sunburnt sorti en 1995 (premier album solo de ce groupe Britannique) est peut-être le titre qui marque le plus ma première écoute du groupe. Pour d’autres raisons évidentes, 100 Ways To Be a Good Girl, me régale également. S’en suivent six albums dont le dernier m’a complètement échappé je le reconnais, mais des titres comme Faithfulness, Hedonism, ou la géniale collaboration de Maxim avec Skin sur « carmen queasy », demeurent encore dans mes écoutes.

A l’époque et aujourd’hui encore, Skin incarne une forme de force et une rage assumée. Elle a une énergie incroyable dans un corps survolté et beau. Vocalement, elle me laisse… sans voix ? Je n’ai jamais été très sensible aux voix aiguës. Et à mes oreilles, Skin est plutôt dans les timbres qui ont peu de chance de me saisir. Probablement que l’ensemble de ce qu’elle est, m’a tout de suite fait apprécier cette voix épatante.
Avec ce crâne rasé, noir et cette voix énergique, Skin représentait à l’époque pour moi, une diva moderne. Aujourd’hui encore. L'incarnation de la classe.
Dans les clips elle peut être complètement barrée mais toujours classieuse et sur scène…Alala, sur scène…
En juillet 2010, mon amie Jo m’offre d’assister au concert de Skunk Anansie sur l’Île du Gaou, backstage inclus. Émotions garanties. Les membres du groupes Ace (guitariste), Mark Richardson (batteur), Cass ( bassiste) sont tout à fait sympathiques et carrément accueillants. Je n’en doutais pas, mais c’est toujours surprenant de rencontrer des personnes avec une telle notoriété, qui semblent tout à fait sur terre et particulièrement bienveillants. Skin est arrivée plus tard, avec les mêmes qualités que ses compères. De mon côté, ma dernière nuit datait de 24h, mon anglais avait momentanément disparu et je vivais la soirée comme un rêve d’ado, improbable et précieux, maladroit et inoubliable.
Ce soir là, postée devant les barrière, mon nez sur la scène, j’ai vu, dansé et écouté Skunk Anansie en live pour l’unique fois de ma vie, dans des conditions uniques.
Merci JO -une fois de plus- pour ce cadeau.

Enfin et pour éclairer les curieux et curieuses sur le choix de l'expression de Skin sur mon pochoir, je dois dire aussi que sa bouche me captive depuis petite. Je me suis toujours demandé comment il était possible de pouvoir ouvrir aussi grand sa bouche et d’en sortir un son aussi cristallin.
Je me souviens même avoir déjà regardé ma bouche dans un miroir en essayant de l’ouvrir le plus largement possible : ri-di-cule.

Le pochoir N°8/2018 est mon humble hommage à une nana qui a collaboré à me faire intégrer dès petite fille, que tout est possible en tant que femme.
Être leader d’un groupe, être noire dans un milieu relativement blanc, sauter partout micro en main habillée avec des tenues de diva, être intelligente et être soi-même tout simplement tout en ayant l’air d’être la plus forte du monde en toute circonstances.

Après Sharon Jones, Marsha P. Johnson, Fallon Fox, Oprah Winfrey, Silvia Casalino, Sarah Bettens et Rose Valland, le pochoir N°8/2018 est consacré à Skin Skinny de Skunk Anansie.
La rockeuse, la femme noire capable de faire jaillir la lumière et les couleurs par son charisme et son authenticité.

Technique mixte : pochoir, aérosols et feutres sur papier avec portées de musique.

www.graphijane.tumblr.com
Graphijane
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Musique proposée par La Musique Libre
BXDN - Echoes : https://youtu.be/drT4fljD41o
BXDN : https://soundcloud.com/bxdn
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