Dissertation Sur La Table

Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

Publié le15 juillet 2014parfilipe de oliveira

NOTIONS DU PROGRAMME

  • Mobilité sociale (ici et là)
  • Mobilité observée : C’est la mobilité sociale qui est observée dans une table de mobilité brute (en milliers) c’est-à-dire non encore transformée en table de recrutement ou en table de destinée (en %). Elle se mesure en déduisant de l’effectif total de la population les valeurs se trouvant dans la diagonale de la table de mobilité brute (qui sont les immobiles). Cette mobilité totale se compose d’une mobilité structurelle et d’une mobilité nette qu’on appelle aussi fluidité sociale*.
  • Fluidité sociale : (voir la définition qu’en donne Webclass) Caractérise l’état d’une société où la mobilité est plus ou moins aisée, plus ou moins rapide. Est fluide ce qui permet de se déplacer rapidement dans la structure sociale, par ses efforts ou par la chance. Une structure sociale se fluidifie lorsque les chances pour un individu d’origine populaire d’accéder à des emplois du haut de la structure sociale s’améliorent relativement aux chances des enfants des milieux favorisés : les écarts entre les chances des uns et des autres de devenir cadres, par exemple, se réduisent entre les milieux sociaux.
  • Capital culturel (ici et là).

VIDÉOS

* La mobilité sociale

* Les tables de mobilité définition et principes

* Tables de mobilité et de recrutement

SYNTHÈSES DU CHAPITRE

EXERCICES INTERACTIFS

SUJETS DE BAC CORRIGÉS

***

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bookLes Mille et Une NuitsAntoine GallandLe Normant1806ParisTExtrait d’une Dissertation sur les Romans, par La HarpeLes Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, I.djvuLes Mille et Une Nuits, trad. Galland, Le Normant, 1806, I.djvu/7xix-xxiv 

D’UNE DISSERTATON
SUR
LES ROMANS,
PAR J. F. LA HARPE[1].


J’aurois du faire mention, en commençant, d’une espèce d’ouvrages qui ont précédé ceux dont je viens de parler, mais qui ne ressemblent à nos romans qu’en ce qu’ils appartiennent à l’imagination. Il est vrai que la féerie et le merveilleux en sont l’abus ; mais l’agrément fait tout pardonner. Je relis tous les ans les Contes Orientaux, et toujours avec plaisir. L’Orient, il faut l’avouer, est le berceau de l’apologue et la source des contes qui ont rempli le monde. Ces peuples, amollis par le climat et intimidés par le gouvernement, ne se sont point élevés jusqu’aux spéculations de la philosophie, et n’ont qu’effleuré les sciences ; mais ils ont habillé la morale en paraboles, et inventé des fables charmantes que les autres peuples ont adoptées à l’envi. Quelle prodigieuse fécondité dans ce genre ! Quelle variété ! Quel intérêt ! Ce n’est pas que dans la mythologie des Arabes il y ait autant d’esprit et de goût que dans celle des Grecs. Les fables de ceux-ci semblent faites pour des hommes, et celles des autres pour des enfans ; mais ne sommes-nous pas tous un peu enfans dès qu’il s’agit de contes ? Y a-t-il une histoire plus agréable que celle d’Aboulcasem, une histoire plus touchante que celle de Ganem ? D’ailleurs, l’amusement que ces livres procurent n’est pas leur seul mérite : ils servent à donner une idée très-fidelle du caractère et des mœurs de ces Arabes qui ont long-temps régné dans l’Orient. On y reconnoît cette générosité qui a toujours été une de leurs vertus favorites, et sur laquelle l’âme et la verve de leurs poètes et de leurs romanciers semble toujours exaltée. Les plus beaux traits en ce genre nous viennent d’eux : on ne sauroit le nier ; et ce qui rend cette nation remarquable, c’est la seule chez qui le despotisme paroît n’avoir ni avili les cœurs, ni étouffé le génie. Il n’y a point eu de despote plus absolu, plus redoutable que ce fameux Haroun ou Aaron, dont le nom revient à tout moment dans leurs contes, et dont le règne est l’époque la plus brillante du califat et de la grandeur des Arabes. On est toujours étonné de ces mœurs et de ces opinions singulières qu’inspirent à une nation ingénieuse et magnanime, d’un côté, l’habitude de l’esclavage, et de l’autre l’abus du pouvoir. Cette disposition, dans un prince d’ailleurs éclairé, à compter pour rien la vie des hommes ; et, dans ces mêmes hommes, la facilité à se persuader qu’ils ne valent pas plus qu’on ne les apprécie, et à faire de la servitude politique un dévouement religieux : voilà ce qu’on voit à tout moment dans leurs livres ; et peut-être ce mépris d’eux-mêmes tient en partie à ce dogme de la fatalité, qui semble de tout temps enraciné dans les têtes orientales. Il revient dans toutes leurs fables, dont le fond est presque toujours un passage rapide de l’excès du malheur au faîte des prospérités, et de l’ivresse de la joie au comble de l’affliction. Il semble qu’ils n’aient eu pour objet que de nous apprendre à quel point nous sommes assujétis à cette destinée éternelle, écrite sur la table de lumière.

Les Mille et une Nuits sont une sorte de peinture dramatique de la nation arabe. Les artifices de leurs femmes, l’hypocrisie de leurs religieux, la corruption des gens de loi, les friponneries des esclaves, tout y est fidellement représenté, et beaucoup mieux que ne pourroit faire le voyageur le plus exact. On y trouve aussi beaucoup de traditions antiques, que plusieurs nations ont rapportées à leur manière : l’histoire de Phèdre et celle de Circé y sont très-aisées à reconnoître ; plusieurs endroits ressemblent aussi à des traits historiques des livres juifs. Cette aventure de Joseph, la plus touchante peut-être que l’antiquité nous ait transmise, cet emblème de l’envie qui anime des frères contre un frère, se retrouve aussi en partie dans les Contes Arabes. Ce n’est pas qu’on puisse faire beaucoup de cas de la manière dont ces Contes sont amenés. On sait que l’aventure de Joconde sert de fondement aux Mille et une Nuits, et que le sultan Schahriar, irrité de l’infidélité de sa sultane, prend le parti de faire étrangler, le matin, sa nouvelle épouse de la veille. Le moyen est violent ; mais enfin la fille de son visir parvient à faire cesser ces noces meurtrières, et à sauver sa propre vie en amusant le sultan par des contes. On peut croire que Schahriar aimoit mieux les contes que les femmes, et qu’il étoit à-peu-près aussi raisonnable dans sa clémence que dans sa cruauté. Il faut pourtant avouer que toutes les histoires du premier volume excitent tellement la curiosité dès les vingt premières lignes, qu’en effet il est bien difficile de n’avoir pas envie de savoir le reste, sur-tout lorsqu’on peut dire ce que le sultan disoit de sa femme en se levant ; Je la ferai toujours bien mourir demain.

La vogue qu’eurent les Mille et une Nuits dans leur nouveauté, fit bientôt éclore les imitateurs, qui marchent toujours à la suite des succès. Ainsi l’on vit paroître les Mille et une Heures, les Mille et un Quart-d’Heure, etc. ouvrages ingénieux, fort au-dessous de leurs modèles.


  1. ↑Œuvres de La Harpe, t. iii, pag. 382 et suivantes.

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